1) L’alcool est responsable de 8 000 cas sur les 61 000 cancers du sein nouveaux par an en France d’après l’INCa. Tous les alcools sont impliqués (bière, vin, champagne…) Rien qu’un seul verre suffit à accroitre le risque. L’enquête de l’OMS révèle que 8 femmes sur 10 ignorent le lien entre alcool et cancer du sein, alors que c’est l’un des plus gros facteurs, avant l’obésité. La France a la plus forte incidence de cancer dans le monde, mais quand on le dépiste tôt, on en guérit 9 sur 10.
2) L’incidence du cancer du sein augmente depuis trente ans au rythme de 1 à 1,5% par an chez les femmes de moins de 50 ans. Ils sont souvent plus agressifs et diagnostiqués plus tard, ils ne sont pas concernés par le dépistage systématique qui débute à 50 ans. Les conditions de vie en sont responsables (alcool, alimentation, sédentarité, nombre de grossesses réduit, pollution…).
3) L’association Cannabis + tabac n’est pas anodine selon la publication de septembre dans Chest. Cette association augmente le risque de faire un cancer bronchique, ils surviennent à un âge plus jeune, il s’agit de tumeurs plus agressives.
4) Téléphone portable et cancer : de nombreuses études ont été publiées et récemment l’Anses, après avoir étudié 250 travaux récents ne conclue pas à un lien entre portable et cancer, « tout en rappelant à la prudence et à un usage modéré des téléphones portables »
Encore une « fake news » qui aura sûrement la vie dure, même si les publications scientifiques nombreuses sont rassurantes.
5) L’Anses rappelle que plus d’1/3 des français passent plus de 8 heures par jour en position assise, les « ruptures de sédentarité » améliorent significativement les conséquences néfastes de celle- ci notamment la survenue des cancers. Il s’agit de marcher 3 à 5 mn toutes les 90 à 120 mn.
Par ailleurs l’impact positif de l’activité physique vient d’être démontré dans un article du New England, améliorant le taux de survie des patients atteints d’un cancer bronchique. L’ Anses rappelle que toute activité (marche, escaliers, vélo…) physique est bénéfique.
6) Une équipe du M D Anderson (Houston, Texas) vient de publier au récent congrès européen de Berlin (ESMO) un effet positif surprenant du vaccin ARNm du COVID 19 : les patients présentant un cancer bronchique et traités par immunothérapie ont vu leur survie presque doublée quand la vaccination était faite précocément après l’immunothérapie.
Ces chercheurs ont confirmé ce résultat par une expérimentation animale chez la souris.
Ces résultats qui doivent être approfondis et développés devraient être un bon argument pour encourager les patients sous immunothérapie à se faire vacciner.
7) L’American Society of Clinical Oncology vient de rappeler le rôle négatif de l’obésité dans la plupart des cancers (utérus, sein, côlon, foie, estomac …), tant dans le risque de survenue que le risque de rechute qui se trouvent augmentés. Le mécanisme biologique est clairement compris maintenant (Insuline, Leptine, IL- 6…) et une preuve éclatante a été apportée par les agonistes du récepteur GLP- 1 commercialisés pour traiter le diabète de type 2, qui font maigrir et diminuent le risque de survenue de ces cancers comme le fait aussi la chirurgie bariatrique (effet prouvé dans les cancers du sein et de l’utérus).
8) Un article récent publié dans Annals of Surgery s’est intéressé à l’intérêt de la mammographie de dépistage chez des femmes de plus de 80 ans. Il s’agit d’une série rétrospective où les femmes qui ont eu une mammographie systématique de dépistage, quand elles ont le cancer du sein, profitent d’un diagnostique plus précoce, avec des tumeurs moins volumineuses, la chirurgie peut plus souvent être conservatrice (moins de mammectomies) le taux de guérison est amélioré et la survie prolongée par rapport aux femmes n’ayant pas fait de mammographie de dépistage. Cette étude confirme des études déjà publiées qui montrent les mêmes résultats.

Dr JM Vannetzel